Quelqu'un n'est plus là, quelqu'un n'est pas encore là... C'est entre ces deux absences, ces deux morts si l'on veut, que les tableaux de Lazar semblent en attente, en souffrance, et nous communiquent leur mélancolique mystère. Comme si la toile, matériellement, devait languir dans les limbes de la peinture, éternellement, gémissant en vain après le film qu'elle ne peut pas être, et qui lui donnerait, avec le mouvement, la présence vivante (ou son apparence) des êtres dont elle n'a que les traces maintenant vides de sens,
tatouages minutieux et pathétiques, et lui communiquerait la chaleur dont elle semble si désespérément (mais délibérément, par l'ascèse d'une sûre technique) privée. Et c'est ce tourment qui constitue proprement le suspense de ces insolites tableaux.
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Pascal BONITZER.