Une lente montée en tension sans vraiment être perceptible ; sans vraiment être attendue. Ainsi, les premières images que l'on découvre sont en noir et blanc et parlent de fraîcheur, de vapeur, de fleur... "D'eau fraîche", "Vierge d'eau", "Vapeur dos" portent en effet en elles autant de force et de mystère que de frissons sur l'épiderme. Autant de jeux d'eau et de mots pour des yeux qui se posent, à peine indiscrets, là-bas sur l'autre rive, sur cette créature vêtue de blanc, solitaire et glacée, cheveux rebelles en plein hiver, "Avec le noir et blanc, je contrôle tout : travail en extérieur, repérage, préparation, mise en scène, personnage, scénario... ", précise la jeune photographe. " Je fais alors toujours l'image que j'avais en tête." Au final, cela donne des sujets hautement symboliques, avec élégance et délicatesse du cadrage (souvent horizontal), finesse et soin des contrastes qui egrennent, sous forme d'images cinématographiques, des thèmes éternels comme la jeune fille à la rivière, le lys, la forêt, l'amour, la vie, la mort.