Le mot est si galvaudé qu'on hésite à l'employer, et
pourtant Gilles est un grand
photographe et un grand humaniste.Il ne
s'agit pas d'un humanisme grandiloquent et affecté, mais d'une attention à
l'individu, homme ou femme, avec qui il partage un moment de vie.Une approche
qui évoque "O Brother where art thou ?", des frères Cohen, ou encore
"Down by law", de Jarmusch :
L'Histoire, chez Gilles, c'est une somme d'histoires individuelles, "des
histoires d'hommes, et de mélancolie", comme disait Léo.Il n'est pas
étonnant que Gilles Favier s'intéresse aux situations marginales, à la frange.
C'est là qu'il trouve des auteurs-interprêtes aux partitions
"originales"...Photographiquement, Gilles se situe dans la lignée de
Diane Arbus : Moyen format - pour que le photographe et le sujet soient bien
conscients de l'acte qui se joue là, cadrage "évident" et logiquement
centré. Il travaille généralement en noir et blanc.
L'intégrité de sa relation au sujet transparait dans la vision de ses
photographies: Ces hommes et ces femmes ne sont pas de la pâte à photo. La
meilleure preuve est donnée par la réponse de Gilles à la question:
"Comment gères-tu les problèmes de droit à l'image ? Fais-tu signer des
autorisations ?"
"Non, j'ai leur numéro de téléphone et
je les contacte directement en cas de besoin".
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