Quitte à braver quelques tabous, Jean-Louis
Courtinat photographie tout ce que l'on ne veut pas montrer : la souffrance et
la maladie. Il en résulte un témoignage poignant qui nous invite à ne pas
simplement voir, mais à accepter les différences de notre monde.
Son travail appartient à un genre apparut autour des années 1930 : le
documentaire social. En s'appuyant sur de nombreux exemples, il nous montre
comment, grâce à la photographie, il décrit les conditions de vie de ceux qui
dans notre société contemporaine ne sont jamais représentés. Sa photographie
explore ainsi les hôpitaux, les centres pour SDF, les orphelinats. Ses images
n'ont rien qui tienne du voyeurisme et, même si elles suscitent notre
compassion, elles permettent avant tout à notre regard de distinguer la
dignité.
Le photographe s'interroge sans cesse sur la manière de représenter ce qu'il
voit, sur l'utilisation du noir et blanc, des cadrages, sur le jeu des regards
et la construction des images. Et les longues heures passées à analyser sa
production sont portées par un seul et même désir : celui de témoigner et de
transformer ainsi des instants de vie en moments d'éternité.
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