Joël Sternfeld a attiré l'attention internationale pour la première fois en 1987 avec la publication de « American Prospects », une étude phare sur comment l'ordre social s'est révélé à travers le paysage.
En laissant en arrière le résumé austère de Walker
Evans dans les années 1930 et le regard désespéré de Robert Frank sur les
années 1950, les images de « American Prospects » mettent en avant une théorie
complexe. D'après le critique Andy Grundberg, on parlait d'un temps quand « le
pays perdait sa dernière prétention d'innocence », mais également « d'hommes et
de femmes cherchant à accorder leurs besoins primaires aux impératifs d'une
société technologique ». « Stranger Passing » étend cette étude et fonctionne
comme compagnon de « American Prospects ».
A travers cet ouvrage, les habitants se mettent au
premier plan quand l'Amérique « pose pour le portrait », d'après Douglas
Nickel, conservateur de photographies au Musée d'Art Moderne de San Francisco.
Le travail de Sternfeld évoque celui d'Auguste Sander qui dans les années 20
catalogue des types professionnels et sociaux représentatifs de la République
de Weimar, mais avec un écart radical de cette tentative, Sternfeld remet en
question la validité des portraits conventionnels en tant que pratique documentaire.
Nos suppositions sont testées dans cette étude défiante de la vie post moderne.
Ses portraits poussent le spectateur à regarder de plus près, puis de regarder
une nouvelle fois.
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>
<o:p> </o:p>